Face au dérèglement climatique et à la catastrophe sanitaire, Extinction Rebellion ferme les bureaux de Cefic, le lobby européen de la chimie
« Leur lobbying toxique empoisonne notre eau, nos corps et notre démocratie. »

Bruxelles, le 9 février 2026 — Tôt ce matin, [une centaine] d’activistes d'Extinction Rebellion (XR), soutenu·es par des activistes de Greenpeace Belgique, ont fermé les bureaux du Conseil européen de l'industrie chimique (Cefic), le lobby industriel le plus puissant de l'UE. Deux jours avant le troisième sommet organisé par Cefic à Anvers (1) qui réunira les PDG de grandes entreprises et les principaux responsables politiques européens, notamment la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, les activistes protestent contre le rôle central joué par Cefic dans le démantèlement des législations protégeant le climat, la nature et la santé publique. Cette action s'inscrit dans le cadre d'une campagne visant à stopper le lobbying des entreprises écocidaires et du secteur fossile au sein de l'UE.
À 7h30 ce matin, les activistes, dont certain·es portaient des masques à gaz et des combinaisons, ont bloqué les entrées du siège de Cefic, situé rue Belliard 40, à l'aide de ruban de signalisation jaune et noir et de grandes banderoles annonçant le bâtiment « fermé ». Ils ont également rebaptisé l’immeuble « Conseil pour l'écocide, la famine et l'effondrement irréversible ». Cette action dénonce l'influence toxique de Cefic sur les politiques européennes, notamment son lobbying visant à affaiblir de nombreuses législations protectrices du climat et de la nature (2). [Un porte-parole communiquera ultérieurement sur la fin de l'action.]
Pourquoi Cefic ?
Avec un budget annuel déclaré de 45 millions d'euros et 164 lobbyistes (3) (les chiffres réels sont probablement plus élevés), Cefic est le plus gros lobby à Bruxelles. Il regroupe les principales entreprises chimiques et pétrolières comme BASF, Bayer, ExxonMobil, Shell et TotalEnergies (4).
Selon XR, « le seul but de Cefic est d’enrichir les actionnaires des grandes entreprises de la chimie et des énergies fossiles dont le modèle économique repose sur l’utilisation intensive de pesticides et de combustibles fossiles, conduisant ainsi à un réchauffement de 3 à 4 °C. Pour les institutions européennes, il est suicidaire de continuer à céder à leurs demandes. Pourtant, ces dernières années, par l’intermédiaire de Cefic, ces entreprises sont parvenues à une quasi-mainmise sur la politique climatique. »

La déclaration d’Anvers et la vague de dérégulation
D’après XR, Cefic a joué un rôle central dans la vague actuelle de dérégulation : « Il y a deux ans, Cefic a organisé un sommet à Anvers, rassemblant les PDG des plus grandes entreprises industrielles et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Lors de ce sommet, von der Leyen a signé une déclaration promettant, en substance, que la politique climatique et environnementale servirait les profits des industriels et non plus notre avenir. »
La déclaration d’Anvers promettait aux chefs d’entreprise de réviser toute la législation européenne afin d’éliminer les « incohérences » et la « complexité » (5) – des euphémismes pour décrire le processus de dérégulation en cours au niveau de l’UE. Les activistes affirment que, depuis lors, « la Commission a accordé au lobby industriel quasiment tout ce qu’il voulait : de l’autorisation illimitée de pesticides toxiques à la possibilité pour les multinationales de nuire aux populations et à la nature à travers le monde, en toute impunité (6). »
Mercredi, Cefic organise à Anvers la troisième édition de son sommet annuel. Root, activiste d’XR, qualifie cette réunion « d’« évaluation de la performance », où nos prétendus dirigeants politiques vérifient auprès des PDG des grandes entreprises s’ils ont bien mis en œuvre leurs demandes. Le timing de ce sommet est aussi révélateur de qui gouverne réellement l’UE. » En effet, au lendemain de sa participation au sommet de Cefic, Ursula von der Leyen rencontrera les chefs d'État européens lors d'une retraite informelle dans le Limbourg, afin de traduire les revendications du lobby industriel en mesures politiques concrètes.
L’accès à l'eau, la santé publique et l’agriculture menacés
En lien avec la crise du monde agricole, les activistes soulignent que l'agriculture industrielle – fortement dépendante des pesticides et engrais chimiques promus par les membres de Cefic – est une source majeure de pollution de l'eau en Europe (7). L'exposition aux produits chimiques est liée à des cancers, des dérèglements hormonaux, des lésions neurologiques et d'autres graves problèmes de santé (8).
Entre autres, la Coordination gegen BAYER-Gefahren et Cancer Colère, association française de soutien aux personnes atteintes de cancer, ont apporté leur soutien à l'action de ce matin.
Morgane, active au sein de Cancer Colère, explique son engagement : « C’est quand j’ai découvert mon cancer du sein à 34 ans que j’ai également pris conscience de l’ampleur du phénomène. Contrairement à ce que je croyais, ce n’était pas une maladie comme les autres… C’est bien une épidémie! Actuellement la France a le taux d’incidence le plus élevé : 1200 cancers sont diagnostiqués chaque jour ! C’est autant de vie qui bascule ! Et j’ai également découvert que c’était une épidémie évitable… Que le manque de discernement de certains politiques face aux dangers des pesticides est aberrant, qu’ils ont choisi de défendre des intérêts privés qui font de l’argent sur nos corps malades plutôt que l’intérêt général et la santé publique. Alors, en pleine chimio, j’ai endossé mon rôle de citoyenne en rejoignant le collectif Cancer Colère pour faire reconnaître notre droit à vivre dans une nature en pleine santé, qui nous soigne plutôt qu’elle nous rende malade ! »
Qui sera le prochain ?
Cette action s’inscrit dans le cadre de la campagne « People Over Lobbies » initiée par XR contre le lobbying des entreprises écocidaires et du secteur fossile à Bruxelles. XR a déjà mené une action en ce sens contre ASD, le lobby de l’armement (9). Le mouvement continuera, selon ses termes, à «mettre la lumière sur les pratiques cachées des entreprises qui contrôlent notre vie politique ». Et ce, jusqu’à ce que les institutions européennes interdisent le lobbying des entreprises écocidaires, à l’instar de ce qui est fait pour le secteur du tabac. D’ici là, XR affirme : « Nous prendrons les choses en main contre ces pratiques de lobbying mortifères.
Lobbies écocidaires, faites attention : vous pourriez être les prochains ! »

Contacts presse
- Root (porte-parole XR NL/EN): +31 627250646
- Nebe (porte-parole XR FR): +33 620816751
- Fleur Breteau (Cancer Colère): 0033623267983
-
Jan Pehrke (Coalition gegen BAYER-Gefahren) 0049 162 1677468
Les
photos seront téléchargées ici pendant l’action :
https://drive.google.com/drive/folders/1Ue7XL0WLDPVkMnqpM7g0Fpj1myYpp0Xm
Sources
(1) https://x.com/Contexte/status/2016869599929606630
(2) https://euobserver.com/52097/how-the-chemical-industry-pushes-to-relax-eu-regulations/
(3) EU transparency register: https://transparency-register.europa.eu/search-register-or-update/organisation-detail_en?id=64879142323-90
(4) CEFIC membership: https://cefic.org/mission-and-organisation/membership/
(5) Antwerp declaration: https://antwerp-declaration.eu/
(6) https://www.somo.nl/how-big-oil-kills-sustainability-and-climate-legislation/
(7) European Environnement Agency report: https://www.eea.europa.eu/en/analysis/indicators/pesticides-in-rivers-lakes-and
(8) European Food Safety Authority report: https://www.efsa.europa.eu/en/topics/topic/endocrine-active-substances
(9) BX1 article: https://bx1.be/categories/news/action-symbolique-dextinction-rebellion-devant-les-bureaux-