Extinction Rebellion réagit aux propos fallacieux et calomnieux qu’ont tenu Mourad Maimouni et Philippe Close
Extinction Rebellion répond aux propos fallacieux et calomnieux qu’ont tenu Mourad Maimouni (Team Fouad Ahidar-Bxl+) et Philippe Close, bourgmestre de Bruxelles, lors de la réunion du conseil communal du 18 mai, où la célébration organisée par l'ambassade des États-Unis au parc du Cinquantenaire le 28 juin a été discutée. Cette discussion, lancée avec clarté et légitimité par Benedetta de Marte (Ecolo-Groen), a a donné lieu à un argumentaire mensonger, paternaliste et choquant, qui nous oblige à prendre la parole.
Un fait historique sans précédent, que personne ne veut reconnaître
Le 28 juin, l’ambassade américaine privatisera le parc du Cinquantenaire pour célébrer le 4 juillet, sa fête nationale. Feu d’artifice, détecteurs de métaux, concert de Nile Rodgers… tout y sera. Tout cela au cœur de l’Europe, dans l’un des symboles politiques les plus forts de Belgique, fermé à la population bruxelloise.
Cela n'était jamais arrivé auparavant. Jamais dans toute l'histoire de la Belgique un État étranger n'a célébré sa fête nationale en s'appropriant cet espace public. Pas la France. Pas l'Allemagne. Pas la Russie. Personne.
Lors du conseil communal du 18 mai, Benedetta De Marte (Ecolo-Groen) a ouvert ce débat avec clarté et légitimité. La réponse qu’elle a reçue — de Philippe Close, Bourgmestre de Bruxelles, et de Mourad Maimouni (Team Fouad Ahidar-Bxl+) — était un mélange de mauvaise foi, de paternalisme et, dans le cas de M. Maimouni, de propos si choquants qu’ils nous obligent à les dénoncer publiquement.
L'argument ne tient pas la route
Philippe Close a tenté de présenter cet événement comme une affaire courante. Il a déclaré que Bruxelles accueillait « une trentaine d’événements » chaque année liés aux communautés non belges et destinés à celles-ci. C’est tout à fait vrai, et c’est une chose dont il faut se réjouir, mais cela n’a rien à voir avec ce qui se prépare au Cinquantenaire et M. Close le sait.

Ces événements sont ouverts au public. Ce sont des festivals, des fêtes populaires et des manifestations culturelles accessibles à tout le monde. Aucun gouvernement étranger n’est allé jusqu’à privatiser l’un des plus grands parcs de Bruxelles pour son usage exclusif.
Et qui plus est, l’ambassadeur ne souhaite même pas que d'autres Américain·es y soient présent·es.
Et qui plus est, l’ambassadeur ne souhaite même pas que d'autres Américain·es y soient présent·es.
Ce que cette cérémonie représente vraiment
M. Maimouni a répété, comme une incantation, que cette célébration n’est pas « la fête d’anniversaire de Trump », mais celle d’un pays, d’une nation, d’un peuple.
Soit.
Bon, la plupart des Américain·es vivant en Belgique ne seront pas là.
Mais prenons son argument au pied de la lettre, par pure hypothèse. Pourquoi ne célébrerions-nous pas la fête nationale russe au Cinquantenaire ? Ou celle de l’Arabie saoudite ? Et pourquoi pas la Turquie ou le Maroc – deux communautés importantes présentes à Bruxelles ?
Si ces célébrations concernaient strictement la culture et « le peuple », rien ne justifierait alors ce traitement de faveur de la part du bourgmestre. Alors pourquoi les États-Unis sont-ils si spéciaux ?
La réponse, aussi inconfortable soit-elle pour le bourgmestre, est que ces célébrations ont toujours été façonnées par la politique. Dans notre cas, les grands fournisseurs militaires américains craignent d’être exclus des marchés européens alors que l’Europe s’empresse de s’armer, et Bill White veut se mettre en bons termes avec les élites politiques belges de droite et les chefs d’entreprise.
Cette fête n’a jamais concerné les citoyen·nes américain·es moyen·nes, ni la culture américaine en général. En fait, il semble que la seule façon d’être invité·e soit d’apprécier Donald Trump autant que l’ambassadeur américain. C’est cette nuance que le bourgmestre refuse de reconnaître : il a accepté d’accueillir une célébration de l’administration Trump au cœur de l’Europe, où la majorité de la communauté américaine ne sera pas présente, à un moment où les États-Unis terrorisent leurs propres citoyens avec l’ICE, détruisent les réglementations climatiques, kidnappent des présidents (Venezuela), soutiennent des actes de génocide (Israël) et déclenchent des guerres (Iran).
Voilà pour « Une nation. Sous Dieu. »
Les propos de M. Maimouni : une ligne rouge franchie

Ce qui s’est passé ensuite dépasse le simple désaccord politique.
M. Maimouni a d’abord qualifié nos camarades de Gaia — qui demandaient l’interdiction du feu d’artifice pour protéger la faune du parc — de « bobos wokistes ». Un choix de mots très révélateur de ses positions.
Il a ensuite affirmé qu’Extinction Rebellion mettait en danger « la sécurité de la population bruxelloise ». Cette accusation relève de la calomnie. Notre organisation est pacifiste et non-violente, c’est un fait documenté et constant. Que M. Maimouni émette cet « avis » sans le moindre fondement dit beaucoup sur la qualité de son argumentation.
Mais le pire est venu ensuite. Dans une comparaison aussi obscène qu’irresponsable, M. Maimouni a mis en parallèle notre contestation de cet événement avec une hypothétique interdiction de la commémoration de la Shoah en raison des actes de Netanyahou.
Cette comparaison est choquante et honteuse. Elle instrumentalise la mémoire des victimes de la Shoah pour neutraliser toute critique politique. Elle confond délibérément — ou révèle une incompréhension sidérante — la différence entre commémorer des victimes d’un génocide et offrir une scène de prestige à un gouvernement en exercice. Ce n’est pas de la maladresse. C’est une tentative d’intimidation par l’accusation implicite d’antisémitisme.
Ses collègues ont tenté de le faire taire, lui rappelant que la scène était filmée. Ils avaient raison de le faire. Nous, nous ne nous tairons pas.
Une question écologique fondamentale
Cette lutte n’est pas seulement symbolique. Elle est profondément, concrètement écologique.
Le Parc du Cinquantenaire est l’un des rares grands espaces verts du centre de Bruxelles. Philippe Close lui-même le reconnaît : c’est « un vrai poumon vert ». Dans une ville ravagée par les canicules, la pollution et l’imperméabilisation des sols, ces espaces sont devenus des infrastructures de survie — pour les êtres humains comme pour le vivant.
Et que fait-on de ce lieu ? On le privatise. On le sécurise. On le ferme partiellement. On y organise un événement gigantesque — nuisances sonores, feu d’artifice, pression logistique considérable — pour célébrer l’État qui a joué le rôle le plus destructeur dans l’expansion mondiale du productivisme fossile, du consumérisme de masse et du sabotage climatique organisé.
Le symbole est vertigineux. Chaque jour, la population est invitée à réduire ses émissions, à changer ses comportements, à accepter des restrictions. Et dans le même temps, on offre à la puissance la plus responsable du désastre climatique une scène triomphale dans un espace naturel public européen.
Ce n’est pas une contradiction. C’est une démonstration : les luttes écologiques ne valent rien lorsqu’elles entrent en conflit avec des intérêts géopolitiques.
Bruxelles avait le choix
Bruxelles aurait pu dire non. Non à la privatisation d’un espace public pour un État étranger. Non à l’instrumentalisation diplomatique du symbole le plus fort de la capitale européenne. Non à la mise en scène triomphale d’une puissance engagée dans l’accélération du désastre climatique.
Elle a choisi autrement.
L’histoire retiendra qu’en 2026, alors que des gouvernements d’extrême droite arrivaient au pouvoir partout dans le monde et que notre marge de manœuvre pour éviter une catastrophe climatique irréversible se réduisait, Bruxelles a offert son plus bel espace, son image et sa légitimité symbolique à ceux qui organisaient notre destruction collective.
Le peuple bruxellois, lui, n’a rien eu à dire et n’était pas invité.
Bruxelles Environnement a encore le pouvoir d’empêcher cela. Nous l’appelons à assumer ses responsabilités envers la nature et les habitants de cette ville, en se joignant à nous pour s’opposer à cette manifestation.
REJOIGNEZ-NOUS : PROTESTATION LÉGALE LE 28 JUIN
Le soir de l'événement, Extinction Rebellion participera à une manifestation pacifique et légale devant le parc du Cinquantenaire organisée par Indivisible Belgium.
À toutes les personnes qui refusent de voir leur capitale offerte sur un plateau d'argent à un gouvernement qui détruit le monde — rejoignez-nous ! Ensemble, nous ferons en sorte que Bruxelles entende ce que le bourgmestre veut garder secret.
PÉTITION : https://xrb.link/p3x8LGe9
Extinction Rebellion Belgique, mai 2026
