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Zoonose

Pigs Farm China

2020, quelle année! Une année inoubliable, ou … ? Une année de records, de records de réchauffement climatique, mais aussi de maladie humaine et de souffrance mentale. Le COVID-19 a bouleversé le quotidien de tout le monde. Mais il y a de l’espoir. Lorsque nous aurons battu cet infernal virus, il y a l’espoir que nous n’oublierons pas ce qui nous a mis dans cette situation épineuse. Que nous tirions les leçons de pourquoi et comment nous en sommes arrivé·es là. Que nous prenions nos responsabilités. Que nous nous tournions vers les réel·les coupables de cette pandémie.

Les humain·es sont à présent en contact croissant avec de nouveaux pathogènes, à cause de l'exploitation exacerbée et de la colonisation d’espaces naturels auparavant inaccessibles, couplées à des circonstances insalubres et de mauvaises conditions sanitaires. Cela passe par le contact direct avec des animaux malades (par des morsures, des égratignures et blessures), ou par contact avec des excréments ou fumier contaminés, ou encore la consommation de viande contaminée (pensons par exemple à la salmonelle). Par exemple, il y a eu l’an dernier 92 cas recensés d’humain·es contaminé·es par la grippe aviaire, dont 76 au Vietnam.

Les relations entre humain·es et animaux influencent profondément les types de maladies auxquelles nous sommes exposé·es. Depuis les années 1970s, nous avons vu une croissance des maladies traversant les espèces, d’abord des animaux vers les humain·es : VIH, Ebola, choléra, Legionella, SARS et à présent le COVID-19 sont autant d’exemples contemporains de *zoonoses*, processus par lequel les pathogènes sautent d’une espèce à l’autre. De nouvelles variantes de la grippe aviaire, de fièvre aphteuse, et la peste porcine africaine sont toutes candidates pour sauter de l’animal à l’humain·e.

À cet égard, les circonstances de transmission sont cruciales. La zoonose a non seulement lieu là où les conditions sanitaires sont insuffisantes, mais, plus important encore, là où la nature est sous pression. À la frontière, là où les humain·es empiètent sur la nature, et là où nature sauvage et colonisation humaine sont en contact étroit.

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Le contact animal-humain affecte la biodiversité. L’expansion de l’usage des terres par les humain·es augmente la prévalence de plus petites espèces en éradiquant leurs prédateurs, et les adaptations humain·es pour l’usage des terres créent souvent un climat hospitalier pour ces plus petites espèces, lesquelles sont nombreuses à porter des pathogènes. Un bon exemple est la culture sur brûlis qui résulte en la prolifération d’insectes, tels que les moustiques. Ces conditions créent un environnement favorable au développement des potentiels porteurs de pathogènes, comme les insectes, les petits animaux et tout type de parasites, qui transmettent les maladies aux humain·es.

Cette découverte appelle à repenser notre manière de traiter la nature, mais soulève aussi des réflexions à propos de notre relation fondamentale à la nature en tant que ressource. Beaucoup croient que la perte de biodiversité ne nous affectera pas, pour autant que quelques espèces clés jouent leurs rôles clés dans l’écosystème (les abeilles pour la pollinisation, un seul type d’oiseau pour le transport de graines, …). Toutefois, les données suggèrent qu’en diminuant les populations d’autres espèces, le genre humain deviendra finalement la cible première pour les pathogènes et maladies.

Le COVID-19 est une maladie parmi tant d’autres à avoir sauté la barrière entre espèces sauvages et humaine, et beaucoup sont à venir, à un rythme qui ne cesse d’accélérer. Tirons dès lors les enseignements de cette pandémie, et forçons nos gouvernements à agir concrètement pour la protection et la reconstruction de la biodiversité à travers le monde. L’avenir de toute vie sur Terre, y compris la nôtre, dépendra des décisions à prendre maintenant !

À propos du lien entre la perte de biodiversité et les pandémies :

https://www.theguardian.com/environment/2020/aug/05/deadly-diseases-from-wildlife-thrive-when-nature-is-destroyed-study-finds

https://u.demog.berkeley.edu/~jrw/Biblio/Eprints/%20M-O/omran.1971.pdf

https://www.nature.com/articles/s41586-020-2562-8



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XR Belgium

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